LE TRANSFERT DE POLAROÏD

Une image qui ne se répète pas

Le transfert de Polaroid impose un autre rapport à l’image.

Ici, pas de tirage parfaitement reproductible. Chaque transfert devient une pièce singulière, avec ses propres marques, ses irrégularités, ses transparences et ses accidents.

L’image photographique est d’abord révélée sur film instantané, puis sa matière est séparée de son support et transférée à la main. Une étape délicate, presque imprévisible, durant laquelle l’image peut se plisser, se déformer, se rompre ou laisser apparaître des zones plus fragiles.

Je ne cherche pas à effacer ces traces.

Elles font partie de l’œuvre.

Laisser faire la matière

Le transfert transforme la photographie initiale. Les contours deviennent moins certains, certaines zones disparaissent, d’autres gagnent en présence.

Le geste accompagne l’image sans jamais pouvoir totalement la maîtriser.

C’est précisément ce qui m’intéresse : accepter qu’une photographie puisse échapper à sa propre perfection.

Chaque Polaroid conserve ainsi la trace de sa fabrication, du temps et du geste.

Une photographie devenue matière.

Chaque transfert est réalisé à la main et possède ses propres singularités.