L'IMAGE COMME MATIÈRE

Mon travail prend racine dans la rencontre avec le vivant.

De cette présence naît une image.

Puis vient le temps de la transformation.

A travers les Peaux photographies, je cherche moins à représenter qu’a faite subsister.

La matière devient une manière de retenir ce qui, par nature, ne peut pas l’être.

01

Tout commence avant l'image.

Il y a l'attente, l'observation, parfois des heures ou des jours sans rien voir.

Puis une présence apparaît.

La photographie naît de cet instant : non comme une finalité, mais comme la première trace d'une rencontre.

02

Je détache ensuite l'image de son support initial.

Je la transfère, la fragilise, accepte ses accidents,

ses manques et ses irrégularités.

Cette transformation donne naissance

à ce que j'appelle les Peaux photographiques.

L'image cesse alors d'être seulement une expression. Elle devient surface, matière, objet.

Les allérations ne cherchent pas à imiter l'usure : elles appartient au processus même de création et rendent chaque pièce singulière.

LA RENCONTRE

DE L'IMAGE Á LA PEAU

CE QUI SUBSISTE

03

Mon travail questionne ce que nous conservons d'une rencontre lorsque l'instant a disparu.

Une empreinte. Une sensation.

Une mémoire nécessairement imparfaite.

L'animal occupe aujourd'hui une place centrale dans cette recherche, non comme sujet documentaire, mais comme présence. Il est celui qui apparaît, travers l'image peu disparait.

La matière devient alors une manière de retenir ce qui, par nature, ne peut pas l'être.

" Chaque rencontre laisse une trace.
Celle-ci est la mienne. "